Vers 1818 l’Abbe Jean-Marie DE LA MENNAIS fonde la Congrégation des sœurs de la Providence de Saint-Brieuc, puis peu après celle des Frères de l’Instruction Chrétienne.
Bien sûr ces moines instituteurs ne sont pas des aigles du haut savoir, mais ils ont tout ce qui faut pour faire grandir un peuple. Ils sont reconnus par ordonnance royale de mai 1822.
Mais ne perdons jamais de vue que l’un des vœux les plus nettement formulés par le fondateur était relatif à l’enseignement professionnel.
Dés 1826 s’activent à Ploërmel des cuisiniers, des jardiniers, des boulangers, des cordonniers, des tailleurs etc.
Les écoles maritimes sont parfaitement dans la ligne des institutions de Jean-Marie de la MENNAIS. La grande misère des populations côtières n’a rien à envier à la disette des campagnes. Les élèves éventuels sont déjà des matelots, le plus souvent les pères des enfants déjà scolarisés. Quant à l’enseignement dont ils auraient besoin, il est d’une spécificité hors du commun. C’est pour cela qu’en 1846 un cours d’hydrographie au sein même du noviciat de Ploërmel apparut pour former les futurs religieux à l’enseigner.
Les frères s’étaient parfaitement rendus compte de tout ce qu’un marin pouvait tirer de la profession maritime, surtout à partir du moment où il lui serait possible d’accéder aux postes de responsabilité. De là, découlerait le bien-être des familles, comme nous le constatons de nos jours. C’était la promotion sociale quelque 150 ans avant d’en parler autant de nos jours. Une promotion sociale qui prenait racine chez des jeunes gens, même des hommes mariés et dont la grande majorité naviguait depuis l’âge de 14 ans. Aux plus démunis de toute culture mathématique, Il fallait apprendre les premiers éléments de l’algèbre et de la trigonométrie. Il fallait corriger les difficultés littéraires engendrées par le parler incorrect et la trop courte scolarité.

En 1831, mourut à Cancale, Dame POITEVIN. Elle dota le bureau de bienfaisance de la commune de son immeuble de Bel-Air, à charge pour lui d’y entretenir une école dirigée par des instituteurs chrétiens. Dés 1832 Jean-Marie de la Mennais dépêche vers Cancale ses deux premiers religieux. Une humble école primaire s’installe à Bel-Air.
En 1837 l’Abbe BRILLAT vicaire écrivait à Jean-Marie de la Mennais pour lui demander l’envoi d’un frère capable de montrer les mathématiques et de donner des cours le soir aux marins qui ne naviguent pas pendant la période d’hivers. Cette classe du soir fut le début de l’enseignement maritime à Cancale. En 1850 la communauté se composait de cinq frères. Une classe spéciale, dite de navigation, fonctionnait toute la journée et toute l’année. Les cours fut successivement enseignés par le frère BERTIN, le frère Zozime(1852), le frère CYRILLE(1854), le frère BENIGNE(1860) et le frère AUGUSTE(1864)

En 1882 première crise douloureuse
Les hommes nouveaux Jules FERRY et Ferdinand BUISSON firent votés des nouvelles lois scolaires, selon trois étapes.
En 1880, ils donnèrent trois mois aux Jésuites pour se disperser et aux autres Congrégations non autorisées pour se mettre en règle avec la loi.
En 1881 la loi fait obligation aux maîtres de passer le brevet de capacité
En 1882, une nouvelle loi laïcise les locaux et les programmes d’enseignement.
Des vexations de toutes sortes accablent de nombreux frères, la substitution des maîtres doit s’achever en 1891.Ce délai d’application de 5 ans permet à l’Institut de s’organiser et aux frères de résister avec courage et détermination. Après ces évènements un nouveau Frère est nommé. En 1884 Le frère LUCIDAS arrive comme directeur à l’école de Bel-Air. En hivers 1885 il relance les cours de pêche.

En 1903 deuxième lame de fond, les Congrégations enseignantes sont dissoutes et leurs biens confisqués.
Les frères de Cancale n’échappèrent pas au sort et furent chassés en 1903 de l’école de Bel-Air.
Affrontant la maréchaussée à cheval, la population cancalaise, pauvre mais fière dans sa foi ne s’était pas contentée d’accompagner l’expulsion des frères en chantant des cantiques. Prélevant sur ses propres deniers, elle finança une nouvelle construction, rue du Hock. Les hommes disponibles vinrent renforcer le travail des maçons et des charpentiers.
En Septembre 1904 frère LUCIDAS et son équipe de religieux prirent possession d’un nouveau bâtiment. Durant cette attente, malgré les interdits, cachés dans les greniers, soutenus par la population capable de créer un climat porteur pour les religieux, les Frères assurèrent leurs cours dans la clandestinité.

La guerre de 1914-1918 voit la mobilisation de la plupart des Frères de Cancale. Le Frère LUCIDAS demeure en raison de son âge et l’école primaire fonctionne avec de très jeunes laïcs de tout dévouement.
Les cours de marine reprennent en 1916.
En 1920, succédant au Frère LUCIDAS, le Frère Natalis SAVATTE donne un puissant élan au cours de navigation.

En 1927, l’homologation de l’Association d’Enseignement Professionnel des Pêches Maritime de Cancale est publiée au journal officiel. Elle pourra bénéficier de la loi ASTIER et percevoir les taxes d’apprentissage. Chaque soir, en hiver, après 6 heures d’enseignement dans les classes primaires la plupart des frères donnaient des cours aux « Terres Neuvas »qui étaient à terre et à tous les jeunes gens qui le désireraient.

En 1939 la France entre en guerre, les Frères de l’école primaire sont mobilisés. Le cours de Marine est suspendu. Les Allemands réquisitionnent une partie des locaux de l’école St Joseph. En 1940 le Frère RAOUL et le Frère AMBROISE rentrent de la guerre et assurèrent la rentrée scolaire de 1940. En juin 1941 l’entrée en guerre de l’Allemagne contre l’Union Soviétique permet aux Frères de récupérer leur école.
En 1946, au départ de Frère AMBROISE pour l’école de Bain de Bretagne, le Frère Evariste LAVRILLOUX devient directeur de l’école.

En 1950, un professeur de mathématique du cours complémentaire s’intéressait progressivement aux sciences de la mer. François RICHOMME, le Frère NICOLAS, est appelé à devenir l’un des piliers de la Maison.
L’éclipse de Frère AMBROISE ne dure que 3 ans. Il revient comme supérieur de 1949 à 1963 et 1972 à 1978.
En 1951 la propriété BOCKAIRY située à la Pointe des Rimains attire son attention. Le compromis de vente est signé à Brest, où réside le propriétaire et le 23/09/1951 le Cardinal ROQUES archevêque de Rennes bénit « Le Château »
En 1951 le Frère Alexis CHAMPALAUNE arrive aux Rimains ainsi que Frère Nicolas
En 1955, la propriété NICOUL, maison et terrain, est acquise. Cette maison deviendra l’Aumônerie et le foyer des élèves et plus tard l’internat.
En 1958, un grand et beau bâtiment, comprenant le restaurant avec sa cuisine, une petite chapelle originale, des salles d’enseignement spacieuses et claires, un internat est mis en chantier. A cette époque les Rimains recrutait en moyenne annuelle 150 élèves.
En 1963 le Frère Alexis deviendra supérieur des Rimains jusqu’au retour de Frère AMBROISE en 1972
Entre temps le 20 janvier 1970 parut au journal officiel la naissance de l’Association des anciens élèves de l’école privée d’Enseignement Professionnel de Cancale, ce fut une ruée d’adhésion.
En 1973 inauguration d’un nouveau bâtiment ou on pouvait trouver un amphi, un labo de langue, d’un labo pour les travaux pratiques d’électronique, ainsi qu’un labo de travaux d’électricité et d’un internat.
En 1978 le frère Jean PELU remplaça le frère AMBROISE
En 1983 le Frère Nicolas RICHOMME succède au Frère PELU
Dans les années 80, apparaît une grave crise de recrutement dans la marine marchande, il est urgent de réagir. Après des semaines de réflexion Frère Nicolas, l’OGEC ainsi que l’association des anciens élèves des Rimains et le soutien moral de Frère Alexis vont avec le Rectorat de Rennes négocier l’ouverture d’un B.T.S C.I.R.A (Contrôle Industriel Régulation Automatisme).La première section sera ouverte en Septembre 1987.
En 1990 Le frère Yves CAILLERE remplace Frère Nicolas qui reste à la communauté des frères et continu à donner des cours alors que Frère Alexis s’occupe des espaces vert des Rimains
Suite à l’ouverture du BTS s’ouvre le lycée avec une classe de 2nde, une 1 ière F2 une 1ière F3 ainsi qu’ une TermF2 et une TermF3

En 1994 le Frère Yves CAILLERE est remplacé par un laïc Mr Xavier CADIC-BRAULT .Un choc dans le pays Cancalais, une page se tourne mais l’esprit des Frères PLOËRMEL reste.
En 2004 la section BTS CIRA ferme faute d’élèves .Une grande question se pose quel est l’avenir des Rimains à CANCALE Après des débats tumultueux dans la cité Cancalaise le bureau d’OGEC décide de déménager les RIMAINS à St Malo sur un terrain appartenant à l’Institution à côté de la gare Mr CADIC –BRAULT quitte les Rimains en 2006 et Mme Anne Marie CARRIOU est chargée du suivi de la construction et du déménagement. La première pierre est posée en octobre 2006 .L’école des Rimains déménage en septembre 2007.Nous avons très vite retrouvé nos repères.
En juin 2010 Mme CARRIOU nous quitte, elle a œuvré au développement des Rimains en ouvrant une 2ième 2nde ainsi qu’une 2ième classe à la préparation au concours de FilA
En septembre 2010 Mr Denis CHEVREL en prend la direction Notre emplacement à côté de la gare routière ainsi que la gare SNCF est un plus pour notre lycée Notre réputation au niveau de nos résultats aux concours marine et au sérieux de l’équipe éducative entraînent une augmentation des effectifs .Au départ de Mr CHEVREL en juin 2014 nous atteignons les 255 élèves dans l’établissement .Nous avons une 3ième 2nde et une ouverture d’une 1ière S option SI.

De septembre 2014 à  septembre 2016,  la Tutelle Menaisienne a confié la direction des Rimains à Mr ROBERT Stéphane pour continuer la mission de ses prédécesseurs.

Depuis la rentrée 2016, Mr François Gautier a repris la direction de l’établissement.

 

 

 

Je voudrai remercier Mr Benoit RAOULT qui m’a laissé consulté les archives de son père et Frère Yves CAILLERE pour son aide dans la chronologie des Frères directeurs aux Rimains.